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Partenariat entre les aumôneries des HUG et le Label-fh

le mardi, 13 novembre 2018. Publié dans Actualités

Partenariat entre les aumôneries des HUG et le Label-fh

Cette année, les aumôneries des HUG ont fait appel au Label-fh pour la confection d’un de leurs traditionnels cadeaux de fin d’année destinés aux patients : des soliflores (vases) avec un motif réalisé à la gravure laser. 

Rencontre avec Gabrielle Pilet Decorvet, aumônier-pasteure aux HUG depuis 2014. 

Parlez-nous du partenariat avec le Label‑fh
Nous collaborons avec plusieurs institutions. Chaque année, nous décidons avec lesquelles nous allons travailler. Un membre de l’aumônerie fait partie du Conseil de Fondation de Foyer-Handicap et nous a parlé des ateliers du Label-fh. Ce partenariat s’est imposé assez facilement. Il répondait à nos critères de fabrication des cadeaux. Nous sommes ravis que ceux-ci soient réalisés par des collaborateurs en emploi adapté de la Fondation Foyer-Handicap. Ils ont une expertise certaine. Je suis sûre que leurs réalisations feront plaisir aux patients. Nous sommes très satisfaits de cette collaboration.

Parlez-nous des cadeaux de fin d’année offerts aux patients
Cette tradition remonte au milieu du siècle passé. Un aumônier de l’époque a proposé de déposer de petites tirelires roses dans les magasins pendant la période de Noël, à partir du 1erdécembre, pour récolter de l’argent afin de faire des cadeaux aux patients de l’hôpital. Depuis un certain nombre d’années, nous essayons de faire en sorte qu’il y ait une relation entre celui qui fabrique le cadeau, celui qui l’offre et celui qui le reçoit. Nous attachons de l’importance à avoir une certaine éthique. Nous souhaitons que les cadeaux soient produits localement et/ou par des ateliers avec une composante sociale. Il y a deux ans, nous avons fait fabriquer des petites coupelles en céramique par un atelier de la prison de Champ-Dollon. Elles étaient magnifiques! Nous avons expliqué aux patients que des détenues les avaient réalisées. Une femme, en isolement à cause de sa maladie, m’a dit qu’elle se sentait elle aussi en prison. Elle m’a demandé en retour d’offrir un ange qu’elle avait confectionné en signe de solidarité avec ses femmes emprisonnées. 

Les aumôneries des HUG
Le but des aumôneries est de rencontrer et de visiter les patients, soit sur demande soit spontanément. L’aumônerie avait historiquement comme mission d’aider les gens dans le besoin de manière concrète. Aujourd’hui, ce sont des prêtres, des pasteurs ou des personnes laïques qui apportent un soutien aux patients dans les hôpitaux. La visite d’un aumônier n’est jamais imposée. Il s’agit d’une proposition. C’est à nous d’écouter ce que le patient veut, nous n’avons pas un programme préétabli. Nous pouvons les aider à trouver en eux-mêmes les ressources nécessaires qu’elles soient humaines, psychiques ou spirituelles pour traverser les moments difficiles dans lesquels ils sont plongés. 

La qualité principale pour être aumônier est d’écouter l’autre avec une minuscule et l’Autre avec majuscule (Dieu pour le croyant) et aussi de savoir s’écouter soi-même. Nous devons travailler sur nos propres émotions pour les distinguer de celles du patient. 

Les aumôniers permanents protestants et catholiques sont payés par leurs Eglises respectives. Les aumôniers non permanents, représentant les autres religions, sont bénévoles et viennent sur demande. 

Tous les aumôniers, rémunérés ou non, doivent avoir à la fois une formation théologique et une formation spécifique à ce lieu de vie qu’est l’hôpital.

Qu’entendez-vous par accompagnement spirituel ?
Nous avons choisi délibérément les termes «accompagnement» et «spiritualité» car ils sont suffisamment larges pour inclure différentes approches. Nous pouvons accompagner les patients, que ce soit par un échange verbal, par l’écoute mais aussi simplement par le fait d’être présent auprès d’eux. La spiritualité n’est pas uniquement religieuse. « Spirituel » vient du terme «esprit», «souffle». C’est tout ce qui permet à l’être humain de se sentir animé par la Vie.  Nous intervenons dans différentes situations, liées à la maladie, à un accident et  également à lafin de vie. Parfois les décès sont extrêmement abrupts et rapides.C’est violent pour les proches, pour le patient, mais aussi pour les soignants. Le monde médical a pris conscience qu’à côté d’une prise en charge  du patient sur le plan physique et psychique, l’aspect spirituel était aussi important. Cela dit, comme aumôniers, nous devonségalement être attentifs à rester dans notre rôle, et ne pas nous substituer à la psychiatrie ou au rôle de psychologue. 

Qu’attendent les patients de ce service ?
Je pense qu’il y a des patients qui n’en attendent rien et d’autres qui ont besoin de pratiques très ritualisées. Certains en ont même très peur. L’aumônier est parfois associé à la fin de vie dans l’imaginaire collectif. Les gens pensent souvent que nous n’allons faire qu’une petite prière. Quand ils se rendent compte que nous sommes là pour eux, pour les écouter, ils abordent parfois les questions existentielles très importantes auxquelles ils sont confrontés et qui ne sont pas toujours faciles à partager avec les proches, trop impliqués émotionnellement.

Quelles sont les difficultés de votre travail ?
Ce qui n’est pas toujours facile, c’est que nous sommes dans une certaine impuissance. Nous sommes juste là et notre utilité n’est pas directement mesurable. Nous essayons cependant d’être une présence bienveillante aux côtés des patients sur laquelle ils pourront s’appuyer pour continuer leur chemin, quel qu’il soit.

Qu’appréciez-vous dans celui-ci ?
Nous faisons de très belles rencontres. La plupart du temps, nous évoquons des sujets importants avec les patients. 

Même si c’est difficile, il y a des moments « de grâce », où nous sentons que nous sommes juste la bonne personne au bon moment. Cela fait toujours du bien.

Gabrielle Pilet Decorvet

Gabrielle Pilet Decorvet

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