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40 ans de bonheur à la Fondation

le mercredi, 08 août 2018. Publié dans Rencontres

Jean-Marie dans son studio

Il y a 40 ans, le 1eravril 1978, Jean-Marie Disner commençait son travail à l’atelier des Voirets.

Six mois auparavant, il avait intégré la résidence du même nom où il vit encore aujourd’hui.

Actuellement, Jean-Marie est rédacteur au journal Synergies. « Je suis journaliste depuis 6 ans. Je m’occupe principalement de la rédaction et la correction d’articles en vue de leur publication. Accompagné de mes collègues, je réalise des interviews. Je rédige aussi des courriers pour le secteur », explique Jean-Marie.

Parcours
« Je n’ai pas pu suivre une école normale et n’ai pas de parcours professionnel. J’ai fait un stage au Service des prestations complémentaires comme téléphoniste », raconte-t-il.

C’est une conseillère en orientation de l’Assurance Invalidité qui lui propose Foyer-Handicap. « Je suis entré dans l’institution sans connaître celle-ci. Depuis 40 ans, elle m’a tout donné. Elle m’a apporté à la fois un lieu de vie et un travail », poursuit-il avec une certaine émotion.

Jean-Marie s’est rapidement adapté à sa nouvelle vie.

« La Fondation Foyer-Handicap a été une chance extraordinaire. Avant, j’étais un jeune homme peu scolarisé à la recherche d’une identité et de repères. Ici, j’ai une grande liberté d’action, un personnel soignant à l’écoute, des maîtres socioprofessionnels toujours très disponibles pour m’apprendre des métiers totalement nouveaux », précise-t-il.

Jean-Marie n’a jamais imaginé quitter Foyer-Handicap qui lui apporte le bonheur dont il a besoin. 

« Nous sommes assez libres, à condition de respecter certaines règles. J’ai l’impression de pouvoir vivre comme si j’étais autonome. Je ne ressens pas de contraintes, mis à part d’arriver à l’heure aux repas », ajoute-t-il. 

Selon Jean-Marie, Madame Kaplun, fondatrice de Foyer-Handicap, était visionnaire et avait une capacité extraordinaire pour mettre les choses en place de manière adéquate : « Elle a compris avant tout le monde qu’il fallait prendre la personne en situation de handicap dans sa globalité. Elle a créé quatre lieux de vie et quatre lieux de travail. Les résidents de cette époque étaient la priorité des priorités. Elle ne comptait ni son temps ni son énergie pour améliorer la situation des personnes handicapées physiques. Je lui rends évidemment hommage ici. On peut bien sûr critiquer la Fondation, mais sans l’œuvre de Madame Kaplun, je serais probablement mort aujourd’hui. J’aimerais remercier toutes les personnes qui ont fait en sorte que cela soit possible et celles qui contribuent encore aujourd’hui à notre bien-être, tant au niveau professionnel que privé », conclut-il.

L’avenir
Dans cinq ans, Jean-Marie se voit à la retraite : « si ma santé le permet, je souhaite encore travailler à Synergies. Sinon, je vivrai ma petite vie tranquille chez moi », dit-il en souriant.

Questions personnelles et décalées

Hobbies 
Mon travail est très important. Je collabore avec une équipe de collègues fantastiques. J’ai beaucoup appris grâce à eux. En dehors du travail, j’aime beaucoup la lecture et le football, ma passion de toute une vie. 

Si vous pouviez retourner dans le passé, à quelle époque iriez-vous et pourquoi ?
J’aurais bien voulu être né en l’an 2000 et avoir pu bénéficier des évolutions techniques dans les soins pour les personnes handicapées. J’aurais eu la possibilité de sortir, d’intégrer une école normale et d’avoir peut-être un métier à l’extérieur. Je suis né au milieu du 20esiècle et tout cela n’existait pas à l’époque. J’ai dû quitter mes parents à l’âge de cinq ans. J’ai vécu toute ma vie en institution. Peut-être que si j’étais né en l’an 2000, j’aurais eu un parcours très différent. 

Le meilleur moment de votre journée
Quand je viens travailler le matin. 

Votre destination de rêve
Je voyage très peu, car c’est compliqué pour moi de sortir. J’adorerais me rendre en Polynésie française. J’ai toujours été attiré par les femmes de couleur sous les cocotiers !

La chanson qui vous file la pêche à coup sûr !
« Pour moi la vie va commencer » de Johnny Hallyday. 

Votre livre de chevet
« La Disparition de Stephanie Mailer » de Joël Dicker. J’aime également beaucoup l’écrivain André Brink qui défendait la cause des noirs pendant l’apartheid. Il raconte l’esclavage en Afrique du Sud avec un style très réaliste empli d’émotion et d’empathie. 

Films préférés
« L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Robert Redford et « Duel » de Steven Spielberg.

Série préférée

« Baron noir », une série politique française avec Kad Merad.

Si vous deviez changer une chose chez vous, une seule, quelle serait cette chose ?
Être plus téméraire et oser davantage. Faire plus d’activités à l’extérieur, m’ouvrir un peu plus. 

Une anecdote où vous vous êtes retrouvé totalement ridicule
Je me suis retrouvé dans un magasin pour m’acheter des lunettes de soleil. J’en avais essayé deux ou trois paires. J’étais avec un chauffeur, René Bourgeois, aujourd’hui décédé et avec qui j’ai fait des choses fantastiques (je voudrais d’ailleurs rendre hommage à tous les bénévoles). Sans le vouloir, il a mis une paire de lunettes dans sa poche. À la sortie, l’alarme du magasin s’est déclenchée. Des agents de sécurité sont arrivés et m’ont accusé de vouloir voler cette paire de lunettes. Je leur ai dit que si j’étais valide, j’aurais pu voler quelque chose, mais dans l’état où je suis, tout le monde me remarque et j’aurai demandé à quelqu’un de le faire plus discrètement. Finalement, l’agent ne m’a pas fait payer l’amende. Ce n’est pas drôle à vivre, mais après on en rigole !

La gourmandise qui vous fait craquer à tous les coups ?
Des petites balles de tennis à base de praliné et de massepain qui venaient de la chocolaterie des parents de ma compagne. D’habitude, j’ai l’estomac fragile, mais c’était si bon que je n’avais aucun problème à les digérer. 

Votre plat préféré ?
Les cornettes en gratin.

Si vous m’invitiez à manger chez vous, que me prépareriez-vous ?
Je ne préparerais rien à manger, mais nous irions ensemble au restaurant d’à côté et je vous laisserais choisir le menu de votre choix. 

Un super pouvoir ?
Arrêter la guerre dans le monde, pour que le monde soit en paix. J’ai été délégué pendant plus de 15 ans à la Fondation. Mon premier but était de pacifier les difficultés qu’il y avait dans la résidence. Pour que l’homme ne soit pas belliqueux, mais plutôt qu’il aide son prochain. Si nous nous y mettons tous, nous pouvons y arriver. 

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