logo facebook

À la découverte du suisse allemand

le vendredi, 15 juillet 2022. Publié dans Point de vue

À la découverte du suisse allemand

À vrai dire, « LE » suisse allemand tel quel n’existe pas : il s’agit beaucoup plus d’une multitude de dialectes qui varient d’une région ou d’un canton à l’autre. Ils diffèrent fortement, par exemple entre Zurich, Berne ou encore le Valais.

Ce ne sont pas les expressions qui posent problème, mais bien la prononciation des mots. J’ai rencontré des difficultés au début, lorsque ma famille a déménagé à Berne. Auparavant, dans notre maison située à Fribourg, mon père parlait espagnol, ma mère, mon frère et moi, le français.

Ce n’est qu’au jardin d’enfants que j’ai été confrontée au « bon » allemand… (le « Hochdeutsch ») et j’ai souffert. En dehors de l’école, personne, mais vraiment personne ne parle le bon allemand !

Déjà, apprendre l’allemand n’était pas évident, mais si ensuite cela ne vous sert presque à rien en dehors de l’école, ce n’est pas la joie ! Mon institutrice, une bonne sœur (!) nous enseignait en « bon allemand », mais durant les pauses, tout le monde parlait le suisse allemand ou le français.


 

Avec le temps, j’ai appris le bernois et je dois dire que c’est le dialecte qui me plaît le plus. Il n’est pas aussi agressif que le zurichois ou le « bon » allemand. Il est presque chantant. D’ailleurs, les groupes de musiques suisses les plus connus chantent en bernois. Je pense notamment à « Züri West », « Polo Hofer » ou encore le regretté « Mani Matter ».

Peut-être qu’avec l’arrivée du rap, cela a un peu changé ; il faudrait que j’écoute plus souvent la radio alémanique pour me faire une idée de la scène musicale suisse actuelle. Mais les jeunes chanteurs suisses s’expriment entre-temps très souvent en anglais, ce qui me semble regrettable. Leur anglais laisse parfois à désirer et l’on remarque que ce n’est pas leur langue maternelle. Je suis peut-être perfectionniste, mais si on écrit un texte, il me semble que l’on devrait être capable de le lire correctement, non ?


 

Un autre accent qui diffère fortement est le haut-valaisan. J’ai mis du temps à le décortiquer, mais comme le père des enfants que je gardais de temps en temps parlait le haut-valaisan, Il fallait bien que je m’y fasse ! Et avec le temps, je n’ai plus eu de difficulté à le comprendre. D’ailleurs, j’ai participé à des camps de sport à Fiesch, dans la vallée de Conches et je me suis retrouvée « traductrice » entre mes camarades du camp bernois et les villageois que nous rencontrions.

Ces différences nous faisaient bien rire !


 

Je me rappelle de mes séjours à Zurich où pour me faire comprendre, je devais parfois répéter ma phrase, carrément m’adapter au zurichois ou la traduire en « bon » allemand, peut-être encore parlé par le présentateur du téléjournal de la chaîne nationale SRF.

Par exemple, c’est certain que les interviews entre personnes parlant suisse allemand se feront toujours en dialecte.

Je dois reconnaître que l’Allemagne et l’Autriche connaissent aussi des différences régionales. Selon les lieux, la compréhension peut se révéler tout aussi compliquée !

Ouvrez grand les oreilles !

Partez à la découverte des différents dialectes suisses allemands sur les différentes chaînes de télévision disponibles. Avec les nouvelles chaînes régionales, vous aurez l’embarras du choix : à vous de trouver l’accent idéal, que vous comprenez le mieux, ou qui ne vous fait pas fuir…

 À bon entendeur et bonne chance !

 

Le saviez-vous ?

  • Plus de 60% de la population suisse utilise l’allemand comme langue principale, en réalité, il s’agit de « suisse allemand », donc de dialectes qui diffèrent d’un canton à l’autre
  • le romanche est une langue rhéto-romane à racine latine, très répandue dans le canton des Grisons. Il existe cinq variétés locales traditionnelles du romanche.
  • quatre cantons sont officiellement bilingues : Berne, Fribourg, le Valais et les Grisons, ainsi que la ville de Bienne
  • sur le lieu de travail, le suisse allemand est la langue la plus répandue (> de 60%), suivi de l’allemand standard (> de 30%), du français (près de 30%), de l’anglais (env. 20%) et de l’italien (10%)
  • plus de 40% de la population de plus de 15 ans parle couramment au moins deux langues
  • la population étrangère vivant en Suisse contribue également au plurilinguisme. L’anglais et le portugais sont les deux langues étrangères les plus souvent parlées en Suisse.

Voici quelques musiciens chantant en suisse allemand (en bernois)

Quelques expressions en bernois

  • Hoi, wie geit’s ?  Hoi, wie geht es Dir ? — Salut, comment ça va ?
  • Was machsch hütt am nami ?  Was machst Du heute Nachmittag? — Qu’est-ce que tu fais cet après-midi ?
  • Chunnsch mit id Stadt ?  Kommst Du in die Stadt ? – tu viens en ville ?
  • E guete !  Guten Appetit ! — Bon appétit !

Quelques phrases en suisse allemand