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Écrire un propos, c’est le réfléchir, le structurer et le rendre accessible à tous

le lundi, 23 juillet 2018. Publié dans 10 ans

Écrire un propos, c’est le réfléchir, le structurer et le rendre accessible à tous

À l’occasion des 10 ans du journal Synergies, la rédaction a invité Nicolas de Tonnac, psychiatre et membre du Conseil de Fondation de Foyer-Handicap. Âgé de 68 ans, il est marié et père de deux enfants. Aujourd’hui à la retraite, il a fait toute sa carrière aux HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève). Suite à un accident à l’âge de 15 ans, il est devenu paraplégique.

Il nous propose son point de vue sur la communication et l’inclusion.

La communication
Pour Nicolas de Tonnac, le regard reste le moyen le plus authentique dans la communication contrairement à la parole qui n’est pas universelle. « Les yeux disent beaucoup de choses. C’est infaillible, lorsque les regards se croisent, il y a contact. 

Chacun ne parle pas forcément le langage de l’autre, ce qui est parfois une source de malentendus. Le regard est moins facile à interpréter, mais il touche », explique-t-il.

Cependant, l’écriture a aussi son importance. Le psychiatre a notamment publié en 2013 l’ouvrage «Chacun porte en soi une force insoupçonnée», qui raconte son parcours de vie et ses défis.

«L’écriture est une façon de mettre en forme des idées et d’aller vers les autres. Elle permet un échange, de transmettre quelque chose et de rapprocher des individus qui ont beaucoup en commun. Mon livre a eu du succès. Mes lecteurs ont trouvé des éléments qui les ont touchés», complète-t-il.

La Fondation Foyer-Handicap compte parmi ses collaborateurs des rédacteurs qui travaillent au sein du journal Synergies.

« Les journaux véhiculent des idées et permettent de prendre conscience qu’il existe un monde jusqu’ici ignoré. Les lecteurs peuvent ainsi entrer en relation avec ce monde. Il est très sain que dans notre Fondation, il existe un outil de communication différent des boîtes mail et des SMS. Écrire un propos, c’est le réfléchir, le structurer et le rendre accessible à tous. Il permet de mieux répondre aux objectifs du moment », précise-t-il.

Pour Nicolas de Tonnac, la communication c’est toucher l’autre, aller vers lui et constamment échanger. 

L’inclusion
Pour Nicolas de Tonnac, l’inclusion est un concept majeur. « Notre vision du monde est manichéenne, c’est-à-dire partagée entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Je vais inclure ce qui me va bien et exclure ce qui ne me va pas. Le grand défi de l’existence est d’arriver à inclure quelque chose qui n’est pas conforme à ce que l’on aurait souhaité. C’est une réalité qui n’est pas la nôtre, mais à laquelle on fait une place. Il y a la notion de l’accueil de l’autre, de l'importance qu'on lui donne à l’intérieur de nous. L’inclusion est avant tout un moyen pour créer des relations », explique-t-il.

Elle va plus loin que l’intégration qui impose à l’autre de se conformer au milieu dans lequel il se trouve.

«Dans l’inclusion, projet plus ambitieux, l’autre a sa culture. Je vais la respecter et aussi lui demander de respecter la mienne. Je ne vais pas lui demander de renier sa culture. De cette manière, la diversité est respectée», affirme-t-il.

Un parcours atypique
Durant toute sa carrière professionnelle, Nicolas de Tonnac a trouvé sa force grâce à sa motivation et son entourage. 

«Dès le moment où l’on a envie de quelque chose alors il y a une mobilisation intérieure. Il y a aussi la confiance en soi qui vient de ceux qui nous aiment. C’est stimulant. Dans tous les défis, on a besoin des proches. Les gens croient en vous et renforcent votre capacité à croire en vous-même», explique-t-il.

Il considère que son handicap est un défi et qu’il ajoute un crédit à ce qu’il est. « J’ai pu relever ce challenge et finalement gérer des dépendances liées à mes difficultés. J’estime assumer mon handicap qui est mien et qui m’appartient », souligne-t-il.

«La médecine est un art. Pour soigner, il faut d’abord établir une relation qui se construit de toute pièce. Sans elle, le médecin ne se réalise pas et n’arrive pas à créer ce lien indispensable. Si cette partie est négligée, je pense que la médecine va beaucoup perdre de son efficacité malgré le prix qu’elle coûte», renchérit-il.

Nicolas de Tonnac rejoint le Conseil de Fondation de Foyer-Handicap en 2016. «Je suis enthousiasmé par l’esprit de la Directrice générale Sophie Christen Creffield, son dynamisme et sa volonté de redonner une véritable identité à chaque résident et collaborateur comme acteur dans la Fondation et pas seulement comme bénéficiaire. Je me suis impliqué avec bonheur dans cette activité. C’est un nouveau défi qui me nourrit», conclut Nicolas de Tonnac.

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